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Décentralisation
HISTORIQUE DE LA DECENTRALISATION
 

Le Cameroun est le produit d’une triple colonisation allemande (1884-1916), française et britannique(1916-1961). Mais les premières expériences communales au Cameroun commencent sous les administrations française et britannique. Ces deux puissances reçoivent, après la Première guerre mondiale, le mandat d’administrer chacune une partie de l’ancienne colonie allemande.

Placé sous la tutelle de l'ONU après la deuxième guerre mondiale, le Cameroun reste sous l’autorité administrative franco-britannique. Mais dans un cas comme dans l’autre, la partie française du pays est administrée comme faisant partie de l’ensemble colonial de l’Afrique équatoriale française cependant que l’autre partie est plus ou moins intégrée à la colonie britannique du Nigéria. Les deux parties du Cameroun seront par conséquent diversement initiées à la décentralisation.

La municipalisation du Cameroun sous administration française commence avec la création en 1941 de deux communes mixtes urbaines(CMU) à Douala et à Yaoundé. La Deuxième guerre mondiale met un frein à cet élan. C'est en 1950 que de nouvelles unités communales sont instituées dans six localités. En 1952 sont créées des communes mixtes rurales( CMR) dans six localités supplémentaires. Le mouvement se poursuit en sorte qu'en 1955, le territoire compte 71 CMU et CMR.

La loi française n°55-1489 du 18 novembre 1955 introduit au Cameroun les notions de commune de plein exercice( CPE) et de commune de moyen exercice(CME). C'est sous cette forme que la communalisation entrera au Cameroun indépendant en 1960.

Au cours de la même période, l'administrateur britannique engage une autre forme de municipalisation au Cameroun occidental où il applique la politique de l'Indirect rule. Il s'appuie sur les autorités traditionnelles pour gouverner. Entre 1920 et 1930 sont créées des Native authorities, autorité locale représentée par le chef traditionnel de la localité. Dès 1932, ces autorités commencent à prendre une forme collégiale et esquissent ainsi des conseils locaux. Elles prennent dès lors le nom de Local council.

Par conséquent, lors de la réunification avec le Cameroun oriental en 1961, le Cameroun occidental comptera 20 Local governments, nouvelle dénomination suite aux fusions des anciennes Local councils. Ce chiffre est porté à 30 en 1967 puis ramené à 24 en 1969. Pour mettre fin à ce dualisme municipal est adoptée la réforme de 1974.

La loi n° 74-23 du 5 décembre 1974 institue deux types de communes : les communes urbaines et les communes rurales. Un régime spécial est institué pour certaines communes urbaines. Les exécutifs de nouvelles communes sont assurés :

- pour les communes urbaines par un maire élu au sein du conseil municipal ;

- pour les communes urbaines à régime spécial et les communes rurales par une autorité nommée par le gouvernement.

Deux ans auparavant, le décret n° 72-349 avait divisé le territoire camerounais en circonscriptions administratives dont la nomenclature est restée intacte jusqu’à la réforme constitutionnelle de 1996 : la province, le département, l’arrondissement et le district.

En 1977, le Cameroun compte 174 communes dont 22 urbaines.  En 1987, une loi crée un nouveau type de commune : la communauté urbaine. Elle correspond aux grandes agglomérations de Douala et de Yaoundé. Subdivisée en communes urbaines d’arrondissement, la communauté urbaine est administrée par un conseil de communauté constituée de membres élus des conseils des différentes communes d’arrondissement. L’exécutif est quant à lui nommé par acte de l’autorité de tutelle.

En 1992, une loi institue le principe d’un maire élu pour  les communes rurales.

Pour les élections municipales de 1996, le pays totalisait 338 communes. Depuis ce chiffre a été revu à la hausse.

La décentralisation au cameroun connaît un second palier avec la transformation des provinces en régions depuis la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996. Il est également créé un sénat pour assurer la représentation parlementaire des collectivités locales. Mais cette dernière réforme n’est pas encore entrée dans les faits.
 
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