Accueil  Evènements  Forum  Recherche  Contact 
 
 
Eau/carburant : le MINEE explique sans convaincre
tomdio.gif
Le ministre camerounais de l’Energie et de l’eau (MINEE) s’est prononcé, vendredi 19 février 2010, sur les problèmes d’approvisionnement en eau potable dans certaines villes du pays, notamment à Yaoundé la capitale, et sur le carburant importé qui a causé des désagréments aux consommateurs. 
Sur la question de l’approvisionnement en eau potable, le ministre donne plusieurs raisons qui peuvent expliquer le calvaire vécu par les populations de Yaoundé et ses environs. La première raison est l’accroissement urbain « très rapide » de cette ville alors que les investissements ne suivent pas. « Les villes se sont agrandies du fait de l’urbanisation galopante entraînant l’accroissement des besoins en eau et les investissements dans le secteur n’ont pas suivi cette évolution. De ce fait, certains quartiers se sont retrouvés éloignés du réseau », soutient le ministre. Il accuse également le vieillissement des infrastructures qui s’est accentué  et l’extension des réseaux qui ne suit pas le développement urbain. En réalité, explique le ministre de l’Energie et de l’eau, cette situation est commune aux 106 centres du périmètre affermé. Michael Tomdjio Nganko s’appuie également sur la question du réchauffement climatique. Actuellement, le niveau d’eau du Nyong à Akomnyada se trouve à 2,2 mètres alors que le niveau normal est de 4 mètres au moins.
Face donc à cette situation de pénurie et de rareté de l’eau potable, une réunion tenue le 5 février 2010 etait présidée par le SG de la présidence de la République. Il a été décidé, en plus des dispositions de rationnement décidé par la Camerounaise des eaux (CDE), « un programme d’approvisionnement par camions citerne des zones de la ville de Yaoundé », explique le MINEE. Pour faire plus simple, l’eau potable est ainsi distribuée aux populations de certains quartiers de Yaoundé à travers les camions de sapeurs pompiers et des camions anti-émeute. Selon Michael Tomdjio Nganko, ce programme d’urgence sera renforcé par d’autres opérations en cours de préparation visant à améliorer l’approvisionnement en eau potable de la ville. En attendant dans plusieurs années l’aboutissement du programme décennal de Camwater qui prévoit un investissement global de 400 milliards FCfa pour améliorer la production et la distribution de l’eau potable dans le pays.

Carburant retiré du marché
Une crise ne venant jamais seule, il a fallu que le ministre de l’Energie et de l’eau donne également des explications sur le carburant qui a été distribué en terre camerounaise durant des semaines. L’on apprend ainsi que le gouvernement camerounais avait initié au début de cette année l’importation de 41 000 mètres cubes de supercarburant pour répondre à la demande nationale. Cette décision gouvernementale se voulait une réponse d’urgence pour parer à l’indisponibilité de la Société nationale de raffinage (SONARA) à approvisionner le marché. L’entreprise avait en effet observé un arrêt de travail d’octobre à décembre 2009 pour la révision habituelle de ses installations et équipements (cela se fait tous les 5 ans), mais aussi pour effectuer des travaux dans l’optique d’augmenter sa production. Mais, au redémarrage, l’entreprise a connu des problèmes techniques qui l’ont empêché de produire du carburant durant quelques semaines. C’est dans cette optique donc que la firme Total avait été choisie pour importer le carburant.
L’on ignore la provenance de ce carburant. « Mais, c’est un carburant que l’on utilise au Nigeria, au Niger et même en France », soutient le ministre. Il veut ainsi rassurer les consommateurs et les populations que ce carburant n’avait aucun effet nocif sur leur santé. « Je tiens à réaffirmer, sur la base des analyses physico-chimiques réalisées par le laboratoire de la SONARA, que ce carburant est conforme aux spécifications en vigueur dans notre pays », soutient Dr. Michael Tomdjio Nganko. Il reconnaît cependant que «c’est son odeur qui s’est avérée atypique et inhabituelle par rapport à l’essence traditionnellement produite et consommée au Cameroun ». Raison pour laquelle la distribution de c SONARA il y a plus d’une semaine. Vendredi 19 février 2010 avant son point de presse, le MINEE avait tenu une réunion de concertation avec les professionnels de la chaîne de distribution des produits pétroliers. L’une des mesures prises est qu’à l’avenir, l’on ne saurait réceptionner un produit dont l’odeur peut s’avérer incommodante pour les consommateurs et les populations.

Source : Le Messager


 
< Précédent   Suivant >