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Ngaoundéré : Pénurie de ciment
 ciment.jpg Les grands travaux tournent au ralenti alors que les chantiers des particuliers sont à l’arrêt.
Cela fait dix jours que l’entrepreneur Manou s’arrache les cheveux pour avoir une tonne de ciment afin de faire avancer son chantier de construction d’une salle de conférences sur le site touristique du Lac Tison, situé à la périphérie de la ville de Ngaoundéré. Aux quartiers Burkina, Gadamabanga, Sabongari, Mabanga et Bamyanga, les ouvriers de l’entrerpise DNC qui réalise les travaux de contruction des salles de classe des écoles japonaises du standing R+1 se tournent carrément les pouces depuis le début du mois de février. Parce qu’ils n’ont pas grand-chose à faire, à cause du manque de ciment. Dans les quartiers et sous-quartiers de la ville, on ne compte plus le nombre de chantiers qui ont connu un coup d’arrêt, faute de ciment. Les particuliers et les entrepreneurs sont donc aux abois, parce que le précieux liant qui permet de faire avancer les travaux se fait rare sur le marché.
« La pénurie est réelle. Les chiffres le confirment », reconnaît le chef de dépôt Cimencam de l’Adamaoua à Ngaoundéré. Sama Pierre indique d’ailleurs que depuis le début du mois février, la société qu’il représente a vendu moins de 1000 tonnes de ciment. « Ce qui est peu au regard de la forte demande et surtout de notre capacité habituelle de vente. Nous en vendons parfois dans l’ordre de 2000 tonnes par mois en temps ordinaire. Et à l’approche des pluies et juste à la fin de la saison des pluies, la vente culmine parfois à 2 600 tonnes par mois… », révèle notre source. Les comptes ne sont donc pas bons pour les usagers. Et le magasin du dépôt est actuellement vide. Les usagers se font rares. Les employés n’ont pas du boulot et attendent le ravitaillement. La clientèle déboussolée vient au compte-goutte pour prendre des nouvelles et guetter l’arrivage.

Problème de logistique
Les différents acteurs situent le début de cette pénurie à l’entame de l’année en cours. C’est à partir de janvier que le ciment a commencé à manquer dans les chantiers et sur les marchés. Par exemple, dans la décade du 10 au 20 février, il y a eu seulement trois séances de vente de ciment au dépôt de Ngaoundéré. Et dans les trois jours de vente, l’entreprise DNC est prioritairement servie et les particuliers sont judicieusement rationnés. Or, habituellement, on vend le ciment au dépôt tous les jours ouvrables. Les usagers ne s’expliquent pas cette crise, en arguant notamment que l’usine de Figuil est à moins de 400 kilomètres de Ngaoundéré. Selon des informations puisées à bonne source, la pénurie de ciment n’est pas observée dans la partie sud du pays qui ravitaille la région de l’Adamaoua.
Les indiscrétions glanées à la direction générale de Douala indiquent qu’il se pose tout simplement un problème de logistique. « La hiérarchie est consciente de la pénurie de ciment à Ngaoundéré. Mais elle n’a pas encore trouvé une solution appropriée à ce problème, parce que le ravitaillement fait appel à d’autres partenaires du transport ferroviaire notamment », nous a expliqué une source à Douala ayant requis l’anonymat. La même source fait savoir qu’il n’est pas possible à l’usine de Figuil de ravitailler la région de l’Adamaoua au regard de sa capacité de production. Le ciment ordinaire en provenance de la partie méridionale du pays vas également au Tchad. Et logiquement, la pénurie est également observée dans ce pays voisin, notamment dans les villes desservies par le dépôt de Ngaoundéré. Les responsables approchés arguent que c’est un problème ponctuel auquel ils s’activent à trouver des solutions dans les prochains jours. La reprise de grands chantiers et des travaux dépend de la disponibilité du ciment au dépôt et sur les marchés.

Source: Cameroon Tribune

 
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