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Emeutes de février 2008 : Le Rdpc répond à Bedzigui
manifestations.jpg  Le secrétaire général du parti au pouvoir affirme qu'il n'y a pas eu de massacres des populations au Cameroun en 2008.
La réaction à la pétition de Célestin Bedzigui aux Nations Unies sur les massacres des populations civiles lors des émeutes de la faim d'il y a deux ans, ne s'est pas faite attendre. Seulement, l'auteur du communiqué lu sur les ondes de la Crtv au journal de 17 H, René Emmanuel Sadi, secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), semble, à la lumière de sa réaction, avoir redéfini les contours d'un massacre. Car, pour lui, le souvenir soudain des évènements malheureux "intervenus dans notre pays au mois de février 2008", constituent " un réveil tardif (…) manifesté " par un compatriote "qui, de son exil volontaire n'est à l'évidence pas au fait des réalités de son pays ". Aussi cet intérêt subit, pour " ces évènements qui ont, en leur temps, fait l'objet dans le cadre de l'Etat de droit d'un traitement des plus transparents ", semble "malsain" à ses yeux. Sans citer Célestin Bedzigui, qu'il nomme "un certain compatriote", "l'intéressé" au passage, René Emmanuel Sadi affirme " avec force qu'il n'y a pas eu de massacres de populations civiles au Cameroun ". Le parallèle ainsi établi par l'auteur de la pétition déposée à l'Onu avec la situation vécue en Guinée Conakry au mois de septembre 2009, où des manifestants ont été victimes d'atrocités commises par l'armée, tombe sous le sens, d'après le communiqué du secrétaire général.
"Au Cameroun, faut-il le rappeler, il s'est agi, sous le prétexte de la crise alimentaire mondiale, de manifestations orchestrées par des forces tapies dans l'ombre et qui visaient à compromettre l'ordre public ", peut-on lire dans son communiqué. Si René Emmanuel Sadi tance frontalement Bedzigui sans prendre la peine de le citer nommément, il ne donne cependant pas la définition qui sied " aux massacres " selon son parti. Car, dans sa plainte, l'opposant au régime de Yaoundé livre des faits, et s'appuie sur une batterie de textes et conventions internationaux, pour justifier sa pétition déposée aux Nations unies, " en vue de l'institution d'une commission d'enquête internationale chargée d'établir les faits et les circonstances des massacres des populations civiles survenus du 25 au 28 février 2008 au Cameroun ".

Evènements
Dans sa pétition, Bedzigui n'accuse pas un parti politique d'avoir organisé, favorisé ou planifié les " massacres des populations civiles ". Du coup l'on s'interroge sur les motivations de la prise de parole du secrétaire général du Rdpc, fût-il le parti au pouvoir, à vouloir défendre ou justifier une situation qui ne met pas directement en scène son parti. De plus, son communiqué ne renseigne pas suffisamment sur le destin des victimes restées en vie de ces émeutes, si ce n'est qu'il relève " une étrange similitude entre l'initiative de ce compatriote et d'autres opérations récentes ou projetées de désinformation et d'intoxication sur le Cameroun et le président de la République à partir de l'étranger, opérations dont il faut stigmatiser sans réserve le caractère antipatriotique et irresponsable ". Face à ce qu'il considère comme une " entreprise concertée, planifiée et désespérée, visant à détourner l'attention du peuple camerounais des enjeux essentiels de l'heure ", René Emmanuel Sadi, curieusement, reste muet sur les chiffres réels des émeutes de la faim. Difficile d'évaluer le " traitement des plus transparents de la part des autorités camerounaises " dans ce dossier, si des manifestations en commémoration à ces douloureux évènements sont interdites à divers endroits du pays.

Source : Mutations


 
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